Document Type

Presentation

Location

Magnolia Room, LSU Student Union / Zoom

Start Date

6-3-2026 3:20 PM

End Date

6-3-2026 3:40 PM

Abstract

Cette communication propose d’interroger le rôle de la littérature francophone en Algérie dans le contexte politique, social et mémoriel du XXIᵉ siècle, à travers l’analyse d’œuvres contemporaines de Hind Soyer, Kamel Daoud, Kaouther Adimi et Samir Toumi. À rebours des discours annonçant l’obsolescence des études littéraires, ces textes montrent que la littérature demeure un espace privilégié de réflexion critique, de résistance symbolique et de mise en récit des tensions qui traversent la société algérienne contemporaine.

Dans des genres variés — autofiction, roman historique, fiction politique ou récit mémoriel — ces auteurs interrogent les héritages de la colonisation, les impensés de l’indépendance, les fractures générationnelles et les limites des récits officiels. En mobilisant la langue française, non comme simple héritage colonial mais comme outil de distance critique, ils investissent la littérature comme un lieu de parole alternatif face aux silences institutionnels, à la censure et aux crispations idéologiques actuelles. Chez Hind Soyer, la mémoire familiale et féminine permet de réécrire l’histoire depuis les marges ; chez Kamel Daoud, la fiction devient un espace de confrontation directe avec les tabous religieux, politiques et sociaux ; Kaouther Adimi et Samir Toumi, quant à eux, mettent en scène des subjectivités urbaines et désenchantées, révélant l’impasse politique et existentielle d’une jeunesse en quête de sens.

Cette communication montrera ainsi que la littérature francophone en Algérie ne se limite pas à un exercice esthétique, mais qu’elle remplit une fonction essentielle dans l’espace public : celle de penser le présent, de transmettre une mémoire critique et de préserver un espace de liberté intellectuelle. Défendre sa place à l’école et dans la société revient dès lors à reconnaître son pouvoir de formation du jugement, de l’empathie et de la conscience citoyenne, particulièrement nécessaire dans un climat politique marqué par l’incertitude et la répression des voix dissidentes.

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COinS
 
Mar 6th, 3:20 PM Mar 6th, 3:40 PM

Écrire pour résister : la littérature francophone en Algérie face aux enjeux politiques contemporains

Magnolia Room, LSU Student Union / Zoom

Cette communication propose d’interroger le rôle de la littérature francophone en Algérie dans le contexte politique, social et mémoriel du XXIᵉ siècle, à travers l’analyse d’œuvres contemporaines de Hind Soyer, Kamel Daoud, Kaouther Adimi et Samir Toumi. À rebours des discours annonçant l’obsolescence des études littéraires, ces textes montrent que la littérature demeure un espace privilégié de réflexion critique, de résistance symbolique et de mise en récit des tensions qui traversent la société algérienne contemporaine.

Dans des genres variés — autofiction, roman historique, fiction politique ou récit mémoriel — ces auteurs interrogent les héritages de la colonisation, les impensés de l’indépendance, les fractures générationnelles et les limites des récits officiels. En mobilisant la langue française, non comme simple héritage colonial mais comme outil de distance critique, ils investissent la littérature comme un lieu de parole alternatif face aux silences institutionnels, à la censure et aux crispations idéologiques actuelles. Chez Hind Soyer, la mémoire familiale et féminine permet de réécrire l’histoire depuis les marges ; chez Kamel Daoud, la fiction devient un espace de confrontation directe avec les tabous religieux, politiques et sociaux ; Kaouther Adimi et Samir Toumi, quant à eux, mettent en scène des subjectivités urbaines et désenchantées, révélant l’impasse politique et existentielle d’une jeunesse en quête de sens.

Cette communication montrera ainsi que la littérature francophone en Algérie ne se limite pas à un exercice esthétique, mais qu’elle remplit une fonction essentielle dans l’espace public : celle de penser le présent, de transmettre une mémoire critique et de préserver un espace de liberté intellectuelle. Défendre sa place à l’école et dans la société revient dès lors à reconnaître son pouvoir de formation du jugement, de l’empathie et de la conscience citoyenne, particulièrement nécessaire dans un climat politique marqué par l’incertitude et la répression des voix dissidentes.