La douceur monstrueuse : les “maris doux” dans Griselidis et La nuit au coeur

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Abstract

La douceur monstrueuse : les “maris doux” dans Griselidis et La nuit au coeur

La relation conjugale est un thème récurrent dans les sphères artistique, littéraire voire juridique. L’affaire de Dominique Pélicot (2024), marquée par la soumission chimique de sa femme, Gisèle Pélicot, et les viols subis pendant neuf ans par des hommes différents a bouleversé le monde. Elle a ravivé le débat sur la soumission des femmes à leurs époux, notamment lorsque ceux-ci se présentent comme des maris « doux » devant la société, mais se révèlent « monstrueux » dans l’intimité conjugale.

Dans La nuit au cœur (2025), Nathacha Appanah retrace la vie de trois femmes, dont elle-même, ayant subi des violences de la part de partenaires “doux”. Caroline Darian aborde également ces mécanismes dans Et j’ai cessé de t’appeler papa (2021), en analysant l’emprise conjugale chez Gisèle Pélicot, sa mère. Cette dichotomie n’est pas nouvelle en littérature, au XVIIᵉ siècle, Charles Perrault à travers Griselidis (1697) souligne la soumission totale d’une épouse face à un mari socialement idéalisé mais profondément cruel.

Cette étude propose une analyse sur la dichotomie des maris « doux » dans ces textes. La problématique centrale est : Quelles similarités existent entre les “doux maris” d’hier et d’aujourd’hui, et comment cette dichotomie est-elle représentée dans les deux œuvres ? L’analyse s'appuie sur la théorie de Brett Kahr (Cruelty in the Marital Bed) et interroge le rôle de la littérature contemporaine, ses liens avec le passé et son impact dans la société actuelle.

Mots-clés : soumission, emprise, lit conjugal, écriture/littérature

Notice bio-bibliographique

Saumya Devrani est doctorante en première année au département de French and Italian de l’Université de Princeton. Ses recherches portent sur les jeux dans la relation mère-fille dans la littérature québécoise du XXᵉ siècle. Elle a étudié le français et la littérature française à la Jawaharlal Nehru University (New Delhi) avant d’obtenir un master en Littératures, Civilisations et Théories à l’Université Sorbonne Paris Nord, grâce à la bourse France Excellence Charpak.

Son mémoire de master, intitulé « Les jeux dans la relation mère-fille dans L’Obéissance de Suzanne Jacob et L’Ingratitude de Ying Chen », mobilise des approches psychanalytiques et théoriques pour analyser les rapports familiaux. Saumya est également professeure de français langue étrangère et a obtenu le DUFLE (Diplôme universitaire de français langue étrangère) à l’Université du Mans. Elle a commencé sa carrière professionnelle au sein de l’Alliance Française de New Delhi en tant que professeure.


 
Mar 5th, 11:40 AM Mar 5th, 12:00 PM

La douceur monstrueuse : les “maris doux” dans Griselidis et La nuit au coeur

Louisiana State University

La douceur monstrueuse : les “maris doux” dans Griselidis et La nuit au coeur

La relation conjugale est un thème récurrent dans les sphères artistique, littéraire voire juridique. L’affaire de Dominique Pélicot (2024), marquée par la soumission chimique de sa femme, Gisèle Pélicot, et les viols subis pendant neuf ans par des hommes différents a bouleversé le monde. Elle a ravivé le débat sur la soumission des femmes à leurs époux, notamment lorsque ceux-ci se présentent comme des maris « doux » devant la société, mais se révèlent « monstrueux » dans l’intimité conjugale.

Dans La nuit au cœur (2025), Nathacha Appanah retrace la vie de trois femmes, dont elle-même, ayant subi des violences de la part de partenaires “doux”. Caroline Darian aborde également ces mécanismes dans Et j’ai cessé de t’appeler papa (2021), en analysant l’emprise conjugale chez Gisèle Pélicot, sa mère. Cette dichotomie n’est pas nouvelle en littérature, au XVIIᵉ siècle, Charles Perrault à travers Griselidis (1697) souligne la soumission totale d’une épouse face à un mari socialement idéalisé mais profondément cruel.

Cette étude propose une analyse sur la dichotomie des maris « doux » dans ces textes. La problématique centrale est : Quelles similarités existent entre les “doux maris” d’hier et d’aujourd’hui, et comment cette dichotomie est-elle représentée dans les deux œuvres ? L’analyse s'appuie sur la théorie de Brett Kahr (Cruelty in the Marital Bed) et interroge le rôle de la littérature contemporaine, ses liens avec le passé et son impact dans la société actuelle.

Mots-clés : soumission, emprise, lit conjugal, écriture/littérature

Notice bio-bibliographique

Saumya Devrani est doctorante en première année au département de French and Italian de l’Université de Princeton. Ses recherches portent sur les jeux dans la relation mère-fille dans la littérature québécoise du XXᵉ siècle. Elle a étudié le français et la littérature française à la Jawaharlal Nehru University (New Delhi) avant d’obtenir un master en Littératures, Civilisations et Théories à l’Université Sorbonne Paris Nord, grâce à la bourse France Excellence Charpak.

Son mémoire de master, intitulé « Les jeux dans la relation mère-fille dans L’Obéissance de Suzanne Jacob et L’Ingratitude de Ying Chen », mobilise des approches psychanalytiques et théoriques pour analyser les rapports familiaux. Saumya est également professeure de français langue étrangère et a obtenu le DUFLE (Diplôme universitaire de français langue étrangère) à l’Université du Mans. Elle a commencé sa carrière professionnelle au sein de l’Alliance Française de New Delhi en tant que professeure.