Document Type
Presentation
Location
Magnolia Room, LSU Student Union / Zoom
Start Date
6-3-2026 2:40 PM
End Date
6-3-2026 3:00 PM
Abstract
Il s’agit de montrer que Dans Le ventre du Congo de Blaise Ndala s’inscrit parfaitement dans le sillage de « la littérature remédiatrice »[1]. L’auteur congolais porte le fardeau d’un écrasant traumatisme collectif, celui de la disparition mystérieuse d’un groupe de congolais exhibés et présentés dans le cadre de l’exposition universelle de 1958, un traumatisme auquel il n’a pas assisté, puisqu’il a précédé sa naissance, mais qui resterait gravé dans sa mémoire. A travers la superposition de deux récits, celui de la tante disparue et celui de la nièce, l’auteur tâche de déjouer la démémoration, cet effacement volontaire du passé colonial. Cela le contraint à adopter une rhétorique de l’abondance, fondée sur l’énumération et l’accumulation des faits historiques longtemps enfouis sous les pelletées de l’oubli et du silence. Une fois le travail d’illumination accompli, l’auteur n’hésite pas à déployer une méditation sur l’entreprise coloniale belge. Il ancre toute la violence coloniale dans la scène de l’exposition universelle de 1958 où la déshumanisation atteint son paroxysme à travers la mise en scène des corps des Congolais, exhibés comme des animaux dans un zoo humain en Belgique. Cette scène, omniprésente dans le roman mais jamais décrite directement, , constitue le noyau traumatique autour duquel s’organise le récit. De cette réécriture de l’histoire surgit une éthique singulière, celle d’un écrivain « in-vindicatif » qui refuse la colère et la rancune, préférant orienter son effort vers la pacification des mémoires.
[1] Réparer le monde, La littérature française face au 21 siècle, Alexandre Gefen.
Énumérer pour déjouer la démémoration, écrire pour pacifier les mémoires : Dans le ventre du Congo de Blaise Ndala
Magnolia Room, LSU Student Union / Zoom
Il s’agit de montrer que Dans Le ventre du Congo de Blaise Ndala s’inscrit parfaitement dans le sillage de « la littérature remédiatrice »[1]. L’auteur congolais porte le fardeau d’un écrasant traumatisme collectif, celui de la disparition mystérieuse d’un groupe de congolais exhibés et présentés dans le cadre de l’exposition universelle de 1958, un traumatisme auquel il n’a pas assisté, puisqu’il a précédé sa naissance, mais qui resterait gravé dans sa mémoire. A travers la superposition de deux récits, celui de la tante disparue et celui de la nièce, l’auteur tâche de déjouer la démémoration, cet effacement volontaire du passé colonial. Cela le contraint à adopter une rhétorique de l’abondance, fondée sur l’énumération et l’accumulation des faits historiques longtemps enfouis sous les pelletées de l’oubli et du silence. Une fois le travail d’illumination accompli, l’auteur n’hésite pas à déployer une méditation sur l’entreprise coloniale belge. Il ancre toute la violence coloniale dans la scène de l’exposition universelle de 1958 où la déshumanisation atteint son paroxysme à travers la mise en scène des corps des Congolais, exhibés comme des animaux dans un zoo humain en Belgique. Cette scène, omniprésente dans le roman mais jamais décrite directement, , constitue le noyau traumatique autour duquel s’organise le récit. De cette réécriture de l’histoire surgit une éthique singulière, celle d’un écrivain « in-vindicatif » qui refuse la colère et la rancune, préférant orienter son effort vers la pacification des mémoires.
[1] Réparer le monde, La littérature française face au 21 siècle, Alexandre Gefen.
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Bilel Ben El Asker est doctorant (2 ème année) au Département de français et d’italien de l’Université Emory. Titulaire d’un master en littérature française moderne de l’Institut Supérieur des Langues de Tunis, il a travaillé sur la notion de « réparation » dans Réparer les vivants de Maylis de Kerangal. Ses recherches portent sur la littérature française de l’extrême contemporain ainsi que les études francophones, en particulier le Maghreb. Il a récemment présenté une communication au Doctoral Colloquium du département, « Relational Poetics after Édouard Glissant », intitulée : « De l’utopie relationnelle à la transplantation cardiaque : la Relation glissantienne réinventée par Kerangal ».